Le tournant de la peinture se produit peut-être quand on est épuisé de celle-ci. Je suis à une étape où je ne sais plus trop quoi peindre alors que j’aimerais tout peindre. Et ce fatras est épuisant. Je sais pourtant que la peinture est un prétexte. Que peu importe ce que nous voulons créer, le plus important est de transcender l’image, d’arriver à un choc, une méditation. Pour le moment, il faut le dire, je n’y arrive plus. Le plus grand châtiment, je crois, est la vie quotidienne du peintre qui doit avant tout se tourner dans la vie réelle. Travailler, et faire passer sa peinture après. Le temps passé à sortir de son monde intérieure est parfois mortel. Oui. Une fois que l’on y revient, on ne voit plus qu’un champ de ruines alors que les idées et des œuvres satisfaisantes naquirent peu avant. Le monde du petit peintre est détruit par la nécessité. J’avais compris dès le début, que ma mission était de trouver le supplément d’âme, le “dat is het” qualifié par Van Gogh.
Mais je dois me rendre à l’évidence, aujourd’hui je ne sais plus. Sans doutes, parce que je suis trop seul à le chercher. Ou pire, il n’y a plus rien à trouver.

